L'artiste contemporain et Internet
Je suis les liens que je tisse
"Je pense donc je suis.",
disait René Descartes à propos de la conscience humaine.
Il n'avait pas pensé aux animaux et particulièrement aux
insectes...
Internet est un évènement
unique dans l'Histoire de l'Art. Ce n'est pas seulement une bibliothèque
ou une vitrine commerciale. Internet permet de connecter les gens entre
eux, de rendre plus facile la construction de relations avec des gens
à distance. Pour l'artiste contemporain, Internet est devenu un
outil de communication incontournable.
Mots et images : histoire et préhistoire.
Beaucoup de gens pensent qu'Internet, ce n'est que mots, encore des mots.
Civilisation de l'écriture! La bataille aux références
fait rage...
Mais
d'un point de vue holistique, nous devons penser pas seulement le mot
mais aussi l'idéographie en couleur- comme le son et l'animation.
Avec chacun de ces éléments, le message ne devient pas plus
complexe mais plus riche, plus rempli et plus facile à comprendre.
Ce qui donne aux sites web un certain aspect mené par le changement
de la technologie.
Pour un Internet plus humain:
l'artiste contemporain et les professionnels de l'art
Beaucoup
de choses (sinon tout) restent à faire en business et sur Internet,
c'est-à-dire pour édifier un Internet plus humain dans les
relations entre les professionnels de l'art et les artistes (pour exemple).
C'est pourquoi nous allons vous exposer ci-dessous quelques points sur
le business et l'art. Ces 95 thèses sont issues du site : www.cluetrain.com
95 thèses pour l'artiste contemporain
faisant du business avec Internet
01. Les marchés sont des conversations.
02. Les marchés sont constitués d'être humains,
non de secteurs démographiques.
03. Les conversations entre humains sonnent de façon humaine.
Elles sont menées sur un ton humain.
04. Que ce soit pour discuter d'information sur une livraison,
d'opinions, de perspectives, d'arguments opposés ou bien même
d'apartés humoristiques, la voix humaine reste typiquement ouverte,
naturelle, non artificielle.
05. Les gens se reconnaissent entre eux au son de leur voix.
06. L'Internet permet des conversations entre êtres humains,
ce qui n'était tout simplement pas possible durant l'ère
du mass media.
07. Les hyperliens renversent la hiérarchie.
08. Au sein des marchés interconnectés, et des employés
intraconnectés, les gens se parlent entre eux d'une puissante et
nouvelle façon.
09. Ces conversations en réseau permettent de faire émerger
de nouvelles formes puissantes en termes d'organisation sociale et d'échange
cognitif.
10. Pour résultat, les marchés deviennent plus intelligents,
plus informés, plus organisés. La participation à
un marché en réseau change les gens fondamentalement.
11. Les personnes dans un marché en réseau ont compris
qu'elles obtiennent des informations et une aide bien meilleures, les
unes des autres que des vendeurs. Autant pour la rhétorique corporatiste
pour ce qui est d'ajouter de la valeur à des produits de base.
12. Il n'y a pas de secrets. Les marchés connectés
en savent plus que les entreprises sur leurs propres produits. Et que
ce qu'ils découvrent soit bon ou mauvais, ils le répètent
à tout le monde.
13. Ce qui se passe dans les marchés, se passe également
parmi les employés. Une construction métaphysique dénommée
"L'Entreprise" est la seule chose qui les sépare.
14. Les entreprises ne parlent pas la même langue que ces
nouvelles conversations en réseau. Pour leurs audiences en ligne,
les entreprises sonnent creuses, plates et littéralement inhumaines.
15. Dans quelques années à peine, l'actuelle voix
homogène des affaires - le son des rapports de mission et des brochures
- semblera aussi forcée et artificielle que le langage du 18ème
siècle à la cour de France.
16. Déjà, les entreprises maniant boniment et charlatanisme,
ne parlent plus à personne.
17. Les entreprises qui supposent que les marchés en ligne
sont les mêmes marchés que ceux qui regardaient leur publicité
à la télévision, se moquent d'elles-mêmes.
18. Les entreprises qui ne comprennent pas que leurs marchés
sont désormais un réseau d'individus à individus,
plus intelligents par conséquence et très impliqués
dans un dialogue, passent à côté de leur meilleure
chance.
19. Les sociétés peuvent désormais communiquer
directement avec leur clientèle. Si elles passent à côté,
cela pourrait être leur dernière chance.
20. Les entreprises doivent réaliser que les marchés
rient beaucoup... d'elles.
21. Les entreprises devraient se détendre et se prendre
un peu moins au sérieux. Elles ont besoin d'un sens de l'humour.
22. Avoir le sens de l'humour ne signifie pas mettre des blagues
sur le site web institutionnel. A l'inverse, cela implique de grandes
qualités, un peu d'humilité, du franc parler, et un véritable
point de vue.
23. Les entreprises essayant de se positionner devraient avoir
un positionnement. Dans l'idéal, il correspond à quelque
chose qui intéresse vraiment leur clientèle.
24. Les fanfaronnades ampoulées du genre "nous sommes
en position pour devenir le principal fournisseur de XYZ" ne constituent
pas un positionnement.
25. Les entreprises doivent descendre de leur Tour d'Ivoire et
parler avec les personnes avec lesquelles elles espèrent instaurer
une relation.
26. Les relations publiques ne parlent pas au public. Les entreprises
ont profondément peur de leurs clients.
27. En s'exprimant dans un langage qui est distant, peu attrayant,
arrogant, elles bâtissent des murs pour maintenir à distance
leurs clients.
28. La majorité des programmes marketing sont fondés
sur la crainte que les clients puissent voir ce qui se passe réellement
à l'intérieur de l'entreprise.
29. Elvis le dit le mieux : "Nous ne pourrons pas continuer
avec un esprit soupçonneux".
30. La loyauté à une marque est la version entrepreneuriale
de ne rien faire, mais la rupture est inévitable - et arrive vite.
Parce qu'ils sont connectés, les marchés intelligents sont
capables de réévaluer une relation en un clin d'oeil.
31. Les marchés en réseau peuvent changer de fournisseurs
du jour au lendemain. Les employés informés en réseau
peuvent changer d'employeurs en cours de déjeuner. Vos propres
"réductions de personnel" nous ont appris à nous
poser la question : "la loyauté ? c'est quoi déjà
?"
32. Les clients informés recherchent des fournisseurs qui
parlent leur langage.
33. Apprendre à parler d'une voix humaine n'est pas un truc
de parloir. Cela ne s'apprend pas au cours d'une quelconque conférence.
34. Pour parler d'une voie humaine, les entreprises doivent partager
les centres d'intérêts de leurs communautés.
35. Mais avant tout, elles doivent appartenir à une communauté.
36. Les entreprises doivent se demander où s'arrête
leur culture interne.
37. Si leur culture s'arrête avant que la communauté
commence, elles n'auront aucun marché.
38. Les communautés humaines sont fondées sur le
dialogue - sur des dialogues humains à propos de préoccupations
humaines.
39. La communauté du dialogue est le marché.
40. Les entreprises qui n'appartiennent pas à une communauté
du dialogue sont condamnées.
41. Les entreprises font un culte de la sécurité,
mais c'est pour brouiller les pistes. La plupart se protège moins
de leurs concurrents que de leur propre clientèle et de leur main
d'oeuvre.
42. De même que dans les marchés en réseau,
les personnes se parlent directement à l'intérieur de l'entreprise
- et pas uniquement à propos des règles et régulations,
des directives du conseil d'administration, et des résultats financiers.
43. Ces conversations ont lieu sur les intranets institutionnels
aujourd'hui. Mais uniquement lorsque toutes les conditions sont réunies.
44. Les entreprises mettent généralement en place
des intranets du haut vers le bas, pour diffuser les règlements
intérieurs et autres informations internes que les employés
font de leur mieux pour ignorer.
45. Les intranets ont naturellement tendance à devenir barbants.
Les meilleurs sont construits de la base vers le haut, par des individus
engagés, coopérant dans le but de construire quelque chose
avec plus de valeur.
46. Un Intranet sain organise les travailleurs dans tous les sens
du terme. Son effet est bien plus radical que le programme de n'importe
quel syndicat.
47. Bien que cela terrifie les entreprises, elles ont également
largement besoin d'intranets ouverts pour générer et partager
des informations critiques. Elles doivent résister à l'envie
d'améliorer ou de contrôler ces conversations en réseau.
48. Quand les intranets institutionnels ne sont pas bloqués
par la peur et les règles juridiques, le type de conversation qu'ils
favorisent, résonnent remarquablement comme les conversations des
places de marché en réseau.
49. Les diagrammes organisationnels fonctionnaient dans une ancienne
économie, où les plans pouvaient être totalement compris
au plus haut de la pyramide manageuriale et que des ordres de travail
précis pouvaient alors être donnés vers le bas.
50. Aujourd'hui, la charte organisationnelle est hyperliée,
et non hiérarchique. Le respect pour la transmission de la connaissance
est bien plus fort que celui pour une autorité abstraite.
51. Le management du style commander-et-contrôler vient de
et renforce la bureaucratie, la lutte du pouvoir et une culture globale
de la paranoïa.
52. La paranoïa tue le dialogue. C'est son but. Mais le manque
de dialogue peut tuer une entreprise.
53. Il y a deux sortes de dialogues en cours. Un à l'intérieur
de l'entreprise. Un avec le marché.
54. Dans la plupart des cas, aucun des deux ne se passe très
bien. Pratiquement à chaque fois, la cause de l'échec peut
être ramenée à des notions obsolètes de l'autorité
et du contrôle.
55. En tant que politiques, ces notions sont du poison. En tant
qu'outils, elles ne marchent pas. L'autorité et le contrôle
rencontrent l'hostilité des employés intraconnectés
et génère une méfiance parmi les marchés interconnectés.
56. Ces deux conversations veulent dialoguer l'une avec l'autre.
Elles parlent le même langage. Elles se reconnaissent mutuellement.
57. Les entreprises intelligentes se pousseront et aideront l'inévitable
à arriver plus vite.
58. Si la volonté de se mettre de côté était
un critère d'évaluation du QI, alors très peu de
sociétés seraient dans le coup.
59. Aussi subliminal que cela soit sur le moment, des millions
de personnes en ligne perçoivent maintenant les entreprises comme
à peine mieux que de pittoresques fictions légales qui font
de leur mieux pour éviter que ces conversations ne se croisent.
60. C'est du suicide. Les marchés veulent parler aux entreprises.
61. Malheureusement, la partie de l'entreprise à laquelle
un marché connecté veut s'adresser, est généralement
cachée derrière un écran de fumée de boniments,
d'un langage qui sonne faux, et qui généralement, l'est.
62. Les marchés ne veulent pas parler aux relations publiques
et aux bonimenteurs. Ils veulent participer aux conversations ayant cours
de l'autre côté du mur d'enceinte de l'entreprise.
63. Se mettre à nu, être personnel. Nous sommes ces
marchés. Nous voulons vous parler.
64. Nous voulons accéder à votre information interne,
à vos plans, vos stratégies, vos meilleurs projets, votre
sincère connaissance. Nous ne nous contenterons pas d'une brochure
en couleurs, d'un site web plein à craquer de poudre aux yeux mais
sans aucune substance.
65. Nous sommes également les travailleurs qui faisons fonctionner
votre entreprise. Nous voulons parler aux clients directement de notre
propre voix et non selon des platitudes écrites dans un scénario.
66. En tant que clients, qu'employés, nous n'en pouvons
vraiment plus d'obtenir notre information via des télécommandes.
Quel besoin avons-nous de rapports annuels impersonnels et des études
de marchés de troisième ordre pour nous présenter
les uns aux autres ?
67. En tant que clients, nous nous demandons pourquoi vous n'écoutez
pas. Vous avez l'air de parler dans une autre langue.
68. Ce jargon autosuffisant que vous jetez alentours - dans la
presse, à vos conférences -en quoi ça nous concerne
?
69. Peut-être que vous impressionnez vos investisseurs. Peut-être
que vous impressionnez Wall street. Vous ne nous impressionnez pas.
70. Si vous ne nous impressionnez pas, vos investisseurs en seront
de leur poche. Est-ce qu'ils ne peuvent pas comprendre cela ? S'ils le
comprenaient, ils ne vous laisseraient pas nous parler ainsi.
71. Vos notions fatiguées du "marché" rendent
vos yeux ternes. Nous ne nous reconnaissons pas dans vos projections.
Peut-être parce qu'on est déjà aller voir ailleurs.
72. Nous aimons beaucoup plus cette nouvelle place de marché.
En fait, nous la créons.
73. Vous y êtes invités, mais c'est notre territoire.
Laissez vos chaussures à l'entrée. Si vous voulez trinquer
avec nous, descendez de votre cheval !
74. Nous sommes immunisés face à la publicité.
Laissez tomber.
75. Si vous voulez nous parler, dites-nous quelque chose. Et quelque
chose d'intéressant, pour une fois.
76. On a des idées pour vous aussi : de nouveaux outils
dont nous avons besoin, de meilleurs services. Des produis que nous sommes
prêts à payer. Vous avez une minute ?
77. Vous êtes trop occupés à faire des affaires
pour répondre à nos emails ? Zut, désolé,
on reviendra plus tard. Peut-être.
78. Vous voulez notre argent ? Nous voulons votre attention.
79. Nous voulons que vous arrêtiez votre trip, votre névrotique
attention sur vous-même, Venez faire la fête.
80. Ne vous inquiétez pas, vous pouvez encore gagner de
l'argent. Enfin, à condition que ce ne soit pas votre seul souci.
81. Avez-vous remarqué que l'argent en soi, est un peu unidimensionnel
et ennuyeux ? De quoi d'autre pourrait-on parler ?
82. Votre produit ne marche plus. Pourquoi ? On aimerait interroger
la personne qui l'a fait. Votre stratégie d'entreprise n'a aucun
sens. Nous aimerions en discuter avec votre PDG. Comment ça, elle
n'est pas là ?
83. Nous voulons que vous preniez vos 50 millions de clients autant
au sérieux, qu'un seul journaliste du Wall street journal.
84. On connaît des gens dans votre société.
Ils sont plutôt sympas en ligne. Vous en avez d'autres comme ça
que vous cachez ? Est-ce qu'ils peuvent sortir pour venir jouer ?
85. Lorsque nous avons des questions, nous nous tournons les uns
vers les autres pour obtenir des réponses. Si vous n'aviez pas
une main si dure sur "vos gens" peut-être que nous nous
tournerions vers eux.
86. Lorsque nous ne sommes pas occupés à être
votre "cible de marché", la plupart d'entre nous sont
vos gens. Nous préférions discuter avec des amis en ligne,
plutôt que de regarder l'heure. Cela diffuserait votre nom d'une
façon bien plus efficace que votre site web à un million
de dollars. Mais vous nous dites que s'adresser au marché, est
réservé au service marketing.
87. Cela nous ferait plaisir que vous compreniez ce qui se passe
ici. Ce serait vraiment bien. Mais ce serait une grave erreur que de croire,
que nous allons vous attendre.
88. Nous avons de meilleures choses à faire que de nous
soucier de savoir si vous allez changer à temps pour conquérir
notre marché. Les affaires ne sont qu'une partie de nos vies. Elles
semblent remplir complètement la vôtre. Réfléchissez-y
: qui a besoin de qui ?
89. Nous avons un vrai pouvoir et nous le savons. Si vous ne saisissez
pas le concept, une autre équipe va débarquer qui sera plus
attentive, plus intéressante, plus sympa pour jouer avec.
90. Même dans le pire des cas, notre toute récente
conversation est plus intéressante que la plupart des salons professionnels,
plus divertissante que n'importe quelle série télé,
et certainement plus proche de la vie que les sites web institutionnels
que vous avons vus.
91. Notre allégeance va à nous-mêmes, à
nos amis, à nos nouveaux alliés et connaissances, et même
à nos adversaires. Les entreprises qui n'ont pas de liens avec
ce monde, n'y auront pas de futur non plus.
92. Les sociétés ont dépensé des milliards
de dollars pour le bug de l'an 2000. Pourquoi n'entendaient-elles pas
la bombe à retardement de ce marché ? Les enjeux étaient
bien plus importants.
93. Nous sommes à la fois à l'intérieur et
à l'extérieur des entreprises. Les barrières qui
délimitent nos dialogues sont comme le mur de Berlin aujourd'hui,
mais elles ne sont qu'un désagrément. Nous savons qu'elles
finiront par tomber. Et nous allons nous appliquer des deux côtés,
à les faire tomber.
94. Pour les entreprises traditionnelles, les conversations en
réseau peuvent sembler confuses, et désarçonnantes.
Mais nous nous organisons plus vite que vous ne le faites. Nous avons
de meilleurs outils, d'avantages d'idées neuves, et aucun règlement
pour nous ralentir.
95. Nous nous éveillons et nous connectons les uns aux autres.
Nous observons. Mais nous n'attendons pas.
Guillevic, 2003
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